Les jardins et les coulisses des Ochettes

Le Jardin des Ochettes se dévoile en une mosaïque d’espaces, chacun porteur d’une âme et d’un usage. Jardin de curé, Jardin de St Gall, le Jardin social, le verger, la serre… mais aussi une cuisine, l’atelier ou encore un bassin japonais : autant de lieux où les plantes se cultivent, se transforment et se partagent. Ce sont aussi des espaces où l’on déambule, où l’on prend le temps de rêver, de se ressourcer et de se relier au vivant. Entrez dans les coulisses de ce lieu où nature, savoir-faire et douceur de vivre se rencontrent. Prenez le temps de visionner quelques images…
Le Jardin de St Gall
Le jardin de Saint-Gall, né au IXᵉ siècle, dessinait un monastère vivant et autosuffisant : potager nourricier, herbularius soignant, verger généreux — chaque espace au service du vivant et de la communauté. Au Jardin des Ochettes, cet esprit se prolonge : sous les sureaux et les noisetiers, les légumes d’été côtoient les simples médicinales. Un lieu où l’on cultive à la fois la terre, le soin et le lien.


Le Jardin de curé
Le jardin de curé est traditionnellement un espace clos, à la fois nourricier, médicinal et ornemental, où légumes, simples et fleurs se côtoient dans des carrés bordés, propices au recueillement. Au Jardin des Ochettes, les buis ont été remplacés par des lavandes et des Euonymus japonicus ‘Microphyllus’, en raison de la forte propagation de la pyrale du buis et du Calonectria pseudonaviculata en Suisse depuis les années 2000.
Le jardin social
Ce jardin est un espace dédié à l’observation des relations complexes que tissent certaines plantes entre elles. Ici, nous explorons le compagnonnage végétal et les phénomènes d’allélopathie, cette capacité qu’ont certaines espèces à influencer chimiquement la germination, la croissance ou la santé de leurs voisines, par émission de composés biochimiques dans le sol ou l’air. Certaines associations sont bénéfiques : les plantes se stimulent mutuellement, repoussent les ravageurs ou améliorent la disponibilité des nutriments. D’autres, au contraire, entrent en compétition ou s’inhibent.


La collection de pieds mères
Nous cultivons une quarantaine de pieds mères à 750 mètres d’altitude, dans un milieu exigeant qui concentre la puissance aromatique des plantes tout en les rendant plus vulnérables. Située dans le sous-jardin, cette collection constitue un conservatoire vivant : elle nous permet d’observer, de bouturer et de préserver des souches adaptées à notre terroir. Chaque plante est étiquetée, afin d’offrir un accès clair et structuré à celles et ceux qui souhaitent découvrir le monde des simples.
Le verger
Le verger, planté en 2005, a été densifié en 2023 pour faire face aux vents plus forts et aux effets du réchauffement climatique. Les arbres — pommiers, poiriers, figuiers, mais aussi bouleaux, frênes, aubépines — poussent désormais en synergie, formant une trame protectrice pour les cultures. Pour soutenir les auxiliaires, nous avons installé des nichoirs et des perchoirs à rapaces, favorisant ainsi un équilibre naturel au sein du verger.


Le jardin d’Opus
Le jardin d’Opus accueille les grandes plantes qui composent nos infusions — mélisse, menthes, cassis, calendula, verbascum, valériane, etc. Elles y sont cultivées en rotation, avec une attention constante portée à la vitalité du sol. Nous privilégions une approche douce et cohérente : les plantes soignent les plantes, par des préparations et des associations favorisant l’équilibre naturel et la régénération de la terre.
La serre
Nous disposons également d’une serre, conçue comme un véritable tampon thermique, qui contribue à environ 30 % au chauffage de la maison.Elle accueille les semis au printemps, offre un espace d’hivernage aux verveines et abrite une belle collection de pélargoniums. À la fois outil de culture et lieu de transition entre les saisons, elle relie le jardin à l’habitat dans une logique d’équilibre et d’autonomie.


L’atelier
Au sein de notre atelier, les plantes fraîchement récoltées entament leur métamorphose. Le passage au séchoir leur permet de se conserver tout en préservant leurs principes actifs et leur richesse aromatique. C’est là que repose notre réserve de plus de quatre-vingts plantes, et que, chaque mois d’août, prennent forme les assemblages qui deviendront nos infusions.
Convivialité et ressourcement
Au cœur de ces espaces vivants, des lieux ont été pensés pour se retrouver, partager un repas, ralentir le rythme. Un bain japonais, un sauna, des assises au milieu des plantes invitent à la détente et à la présence. Ici, le jardin ne nourrit pas seulement le corps : il offre un véritable ressourcement humain, où la nature devient écrin de lien et de respiration.
